Guillaume Deglise (Vinexpo) : « La tendance du vin au verre va s’accentuer »

Tous les deux ans, Bordeaux accueille tous ceux qui font et défont le monde du vin à Vinexpo (14-18 juin). Les nouvelles tendances de consommation y émergent et abreuvent les envies de nouveautés des milliers de visiteurs qui importeront les projets dénichés. Entretien avec Guillaume Deglise, directeur général de Vinexpo

La gastronomie, comme les accords mets et vins, intéresse le public, mais aussi les professionnels qui doivent connaître les dernières tendances. Les grands chefs font partie de l’univers du vin. Ceux qui viennent au salon sont des passionnés. La gastronomie et le vin sont des thèmes qui ont longtemps grandi de façon parallèle, mais qui ne s’étaient jamais rencontrés à Vinexpo. Rappelons que le salon se déroule à Bordeaux. Plus de 120 nationalités sont représentées parmi les visiteurs. Et ces derniers s’attendent à bien manger. Bordeaux est un symbole du bien-vivre à la Française.

Les consommateurs préfèrent aujourd’hui s’offrir des repas et des bouteilles de vin de qualité…

Oui, c’est ce que nous constatons dans chacune de nos études. Dans les marchés mûrs européens, comme celui de la France, la consommation de vin par tête est en baisse, de façon régulière depuis plus de dix ans. Les consommateurs n’ont pas moins d’intérêt pour le vin. Ils préfèrent boire à des occasions plus espacées. Le vin de table que l’on boit comme une nourriture est un concept dépassé. Aujourd’hui, la notion de plaisir est importante.

Les consommateurs ne réussiraient-ils pas à s’offrir des vins de meilleure qualité si les prix dans les restaurants étaient moins élevés ?

C’est un sujet crucial qui se pose pour la consommation du vin dans la restauration. La politique des prix diffère beaucoup selon les pays. En France, les restaurateurs ont l’habitude de multiplier par trois leur marge (C’est le coefficient minimal en France, NDLR). En Espagne, la marge s’évalue par deux et vous constatez immédiatement la différence. J’y trouve même des vins français moins chers qu’en France. Heureusement, il existe des initiatives, souvent de jeunes restaurateurs français passionnés par le vin, qui ont le bon réflexe d’appliquer des prix plus bas pour des grands vins.

Le vin au verre a donc encore de beaux jours devant lui ?

La tendance ne va pas s’essouffler. Bien au contraire. Elle va même s’accentuer, d’autant plus lorsque l’on regarde les innovations qui permettent de mieux conserver les vins. Celles-ci aideront les restaurateurs à mettre en avant des grands vins. Et puis, la vigilance sur la consommation de vin au restaurant sera toujours accrue, ce qui amènera les professionnels à déployer des stratégies différentes.

La nouveauté ne se crée-t-elle pas plutôt dans la manière de servir le vin aujourd’hui ?

Les consommateurs sont de plus en plus intéressés par le vin. Ceux qui veulent le boire mieux veulent le servir mieux. En France, le chemin est encore long. On retrouve encore trop souvent dans les restaurants des verres qui ne sont pas de bonne qualité, alors qu’ils sont irréprochables en Espagne ou en Italie. D’ailleurs, nous avons ouvert Vinexpo aux accessoires pour la première fois.

Autre tendance : les vins effervescents. Comment expliquez-vous ce succès ?

La tendance est déjà mondiale, à la fois du point de vue de la production et de la consommation. En Argentine par exemple, le boom est phénoménal pour les vins effervescents. Ce sont les valeurs de fête et de rafraîchissement qui sont recherchées par les consommateurs. Nous nous trouvons aujourd’hui dans un marché qui se globalise. Les consommateurs comparent et se rendent compte qu’il existe des vins effervescents de très bonne qualité. Et, en période de crise, on a aussi besoin de se retrouver autour d’une bouteille. Enfin, rappelons que l’arrivée des jeunes sur le marché ainsi que la féminisation de la consommation n’est pas sans conséquence sur l’évolution des tendances du vin. Les vins effervescents en ont bénéficié.

Quels sont ces vins effervescents à découvrir ?

Les prosecco arrivent en France, mais aussi le cava. Le champagne est déjà partout. Mais la production est aussi énorme à l’étranger, même si on ne la voit pas en France. Elle est conséquente en Argentine, au Chili, ou même en Inde ou en Chine. Chandon a lancé son premier « sparkling » chinois. La Californie ou l’Australie en sont des producteurs de sparkling depuis longtemps déjà.

Impossible de ne pas évoquer les vins bio, nature et ceux issus de la biodynamie. La tendance se poursuit-elle ou faut-il s’attendre à un essoufflement ?

Ce n’est pas qu’une mode, c’est une tendance qui existe depuis longtemps. Aujourd’hui, les techniques de vinification permettent de passer davantage à la biodynamie. Le consommateur veut savoir ce qu’il y a dans son verre, de la même manière qu’il s’informe sur ce qu’il y a dans son assiette. Les petites productions autorisent davantage ce type de culture, alors que les producteurs de millions de bouteilles peuvent moins se permettre.

Source : http://www.atabula.com/blog/2015/06/06/vinexpo-vin-tendances/

Pour découvrir nos Distributeurs de Vin au Verre.
Pour découvrir nos systèmes de Conservation de Bouteille Ouvertes.